cheval.jpg                                      Cheval d'Harçon, objet divers et graisse à traire       Garden Party                              Laurent Faulon, 2008
drapeaux2-copie.jpg                                      Sous les drapeaux                                                                                                       Delphine Reist, 2008
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                                     Garden Party,                         Guirlande, Laurent Faulon, 2008                     Parade, Delphine Reist, 2008
Einheit3-copie.jpg                                      Concert de FM Einheit sur le chantier du futur collège Sismondi, 9 mars 2008

cantine2-copie.jpg                                      Cantine de MANOEUVRES 1/3, 9 mars 2008

CHANTIER OUVERT AU PUBLIC
Texte de Jean-Pierre Greff (directeur de l'école d'Art et de Design de Genève)
publié dans sa version raccourcie dans le catalogue du Printemps de septembre à Toulouse, septembre 2008.


Manœuvres 1/3 est le premier volet de la commande publique que le Fonds cantonal d’art contemporain de Genève a passée à Delphine Reist pour le futur collège Sismondi (Ballif-Loponte & associés, architectes). Pour ce premier acte, Delphine Reist et Laurent Faulon ont organisé le 9 mars 2008 une manifestation qui investit directement le site du chantier, au moment où s’achevaient les travaux de gros œuvre. Cette exposition d’un jour était accompagnée d’un concert de FM Einheit (ex-Einstürzende Neubauten, groupe phare de la musique industrielle allemande découvert par Laurent Faulon à la Biennale de Paris en 1982). Projeté à l’intérieur d’un conteneur de chantier, un film de Demis Herenger forme le premier chapitre d’un plus long métrage qui témoignera de l’ensemble du projet.


Manœuvres 1/3.1 — le chantier à l’œuvre
Séparément ou ensemble, Delphine Reist et Laurent Faulon cultivent une prédilection pour les terrains vagues de l’art, tous lieux marginaux ou précaires, « impropre1», qui entre deux usages plus conformes se prêtent à leur intrusion (usine ou demeure abandonnée, hypermarché ou parking souterrain, locaux désaffectés…). L’objet d’art y apparaît toujours intrus ou insolite, infiltré et quasi clandestin. Il y joue une histoire d’affects et d’affectation. Il ne s’agit pas seulement d’espaces alternatifs, mais de situations prégnantes de la réalité quotidienne que l’art investit de plain pied ; le chaland, le travailleur et l’amateur d’art y déambulent comme des semblables. Parmi ces lieux (extra)ordinaires que traquent nombre d’artistes aujourd’hui, le chantier constitue une occurrence très singulière. Plus que tout autre espace, il appartient à la sphère de l’utile et impose une organisation contraignante. Interdit au public, il forme un microcosme intriguant, obéissant à ses propres lois et rythmes et n’évoque rien moins qu’un espace accueillant pour un événement artistique. Pourtant, le chantier consonne2 profondément avec le travail de l’art qui, toujours en cours, est un chantier permanent. En tant que projets et constructions, l’un et l’autre partagent une même instabilité d’existence et une semblable précarité, un inconfort et une rudesse de condition. Ils sont les territoires d’une activité labyrinthique et effervescente soumise à un chaos contrôlé. C’est pourquoi le chantier fait bien plus que contextualiser la proposition artistique faite par Reist & Faulon associés : protagoniste essentiel et  personnage premier, avec son squelette d’étais métalliques, sa peau et son odeur aigre de béton frais, ses fluides, il en devient l’événement même. Tel est l’enjeu de cette exposition que de révéler le génie du lieu chantier, suspendu entre deux états pour une pause conviviale. Tous les artefacts introduits dans le chantier concourent à en activer la plasticité immédiate, amplifier sa musique et ses battements, célébrer son poids d’humanité, en ménager les surprises, dévoiler ses codes et fétiches. Avec cette capacité d’évocation et d’émotion, cette sensualité et cette richesse de sens, le chantier n’est pas ici un espace topographique mais l’instance d’un projet et d’un trajet, un véhicule. La justesse immédiate et la pertinence durable de Manœuvres 1/3 tiennent à ce redoublement de l’analogie de nature entre art et chantier par un transport vers une contiguïté physique : de l’œuvre en chantier au chantier à l’œuvre.

Manœuvres 1/3.2 : œuvres et gros œuvre

Pour cette exposition d’un jour dont elle a d’abord et surtout assumé la maîtrise d’œuvre générale, Delphine Reist a retenu un ensemble de pièces préexistantes. Ce faisant, elle confirme que l’ouverture du chantier au public et son utilisation comme champ de manœuvres (installations, projection vidéo, concert, documentation, accueil et restauration du public) constituent en eux-mêmes une part essentielle du projet d’exposition. Le chantier est bien le premier protagoniste de cette exposition dont les œuvres ne sont que des acteurs seconds qui lui donnent, à tous les sens, la réplique. Dans une démarche plutôt symétrique qu’inverse, Laurent Faulon a réalisé ses pièces en situation, en lien direct avec les objets du chantier (étais, grue), ses pratiques (test de résistance des matériaux) et ses codes (décorations lumineuses des engins), ou encore avec la destination future d’espaces non encore lisibles au stade du chantier (gymnase, dortoir).  État des lieux : une assemblée de bottes en caoutchouc trépigne sur le sol mouillé et bat la mesure du chantier ; un baril métallique roule sur le béton, heurte un obstacle, repart, s’immobilise, s’ébranle à nouveau… la vie subreptice qui l’anime semblant défier les spectateurs ; des geysers de peinture surgissent dans des sceaux plastiques ; des étais alignés contre un mur ne supportent rien d’autre que des gâteaux bigarrés plus vrais que nature ; une rangée de machines à laver tournent à vide sur un sol détrempé — les bruits de leurs différentes phases de lavage essorage, amplifié par la résonance du béton brut, produisent l’équivalent mécanique d’un vibrant chant choral ; des pompes mues par des perceuses, reliant un cercle de seaux par des tuyaux en boucles, transvasent indéfiniment un liquide laiteux ou réalisent quelque mystérieuse transfusion alchimique ; sur un vaste établi, tout un peuple d’outils électriques (perceuses, ponceuses, scies, …) s’anime par intermittences d’une vie propre, aussi imprévisible qu’inutile, des drapeaux suisses tournoient dans l’air, emblèmes festifs du chantier ou plus inquiétante exaltation nationale, quelques tables de jardin en plastique désertes et dépourvues de chaises sont disposées dans l’immense espace du futur gymnase, un cheval d’arçon y semble égaré, trop tôt arrivé. Deux vidéos reproduisent en abyme un régime d’activité autiste et des espaces nus et blancs… Métaphores ou métonymies approximatives du chantier, ces objets ou dispositifs paraissent affranchis de toute logique. S’activant d’eux-mêmes en un chaos itératif, ils ne produisent rien que leur fonctionnement autarcique, en pure perte, et leur grincement machinal (à l’encontre des grincements de l’utilité). Parfaitement non opératoires au regard d’une quelconque fonctionnalité instrumentale, ils ne produisent rien que leur propre expérience, déceptive, et leur mise en œuvre en tant qu’œuvre. Le caractère absolument inopérant de ces objets - simulacres en renouvelle l’étrangeté et l’énigme. Mais surtout, déjouant ainsi la logique productive du chantier, ils parviennent corollairement à ébranler le contexte qui leur donne sens. Ces objets ou installations doivent être compris comme des propositions que seule la situation de mise en scène actualise. Ils s’exposent délibérément comme des objets relatifs — au sens d’une proposition grammaticale relative —, relatifs à leur contexte. Ce lien au lien importe davantage que l’objet lui-même. Objets et chantier existent ici l’un à l’autre, en un lien de contiguïté physique qui constitue d’abord et surtout un flux mental.

Manœuvres 1/3.3 : un art public autrement3
Manoeuvres 1/3 constitue donc le premier temps d’une commande publique, conçue comme une suite de trois expositions - événements in situ et éphémères inscrits non pas dans l’architecture en tant que telle, mais dans son chantier, son processus, figé durant une journée pour être offert dans cet état transitoire à l’usage public. De cette commande, il ne restera guère de traces tangibles, sinon le (très beau) film de Demis Herenger qui en constitue le quatrième acte. Delphine Reist déplace ainsi radicalement les modalités de la vieille commande publique, en déjoue les attentes de manière inédite mais surtout en réactive très pertinemment les enjeux premiers. Certes, la contestation des formes traditionnelles de la commande publique, telle qu’initiée par le 1% décoration, est déjà ancienne4 Le refus du motif décoratif intégré vaille que vaille à l’architecture et de l’oeuvre monument est un fait acquis. Il reste que, aussi discrets soient-ils, assumant une fonction d’usage dans l’espace public, refusant d’exister en tant que valeur séparée, usant de nouvelles « matérialités » langagière, lumineuse, sonore, etc., les artefacts de la commande publique perpétuent une existence durable, sinon pérenne. Le domaine public, quel qu’il soit, est d’abord une question temporelle. C’est pourquoi Manœuvres 1/3 marque dans cette histoire un pas de côté aussi radical et décisif, ne conservant du monument que le moment nu.
À l’opposé d’un quelconque postulat, le projet fomenté par Reist & Faulon envisage le travail artistique comme une stricte proposition, une invite particulière faite à tous. L’art s’y déploie en tant que puissance de relation, avec le lieu certes, mais plus encore avec le public. Il se départit de toute autorité ou sacralité. Le lieu chantier est l’espace d’attraction(s) qui permet aux artistes d’aller à la rencontre du public et de (re)créer du lien. Œuvres, film, musique participent d’un programme festif et convivial que prolongent boissons et repas. Si « l’art public, c’est l’art qui rencontre enfin le public » (F. Barré), Reist & Faulon nous en livrent ici l’exemple manifeste.
Simultanément, Manœuvres 1/3 donne une visibilité inédite au chantier (non sans rendre hommage à tous ceux, hommes de l’art ou manœuvres qui le font exister), une visibilité absolument contemporaine, à la fois immédiate et médiée par des œuvres simulacres qui représentent le chantier en tant qu’œuvre et mise en œuvre. Manoeuvres 1/3 donne ainsi une existence et une conscience publiques à une situation habituellement occultée par des palissades, grilles et autres panneaux : Chantier interdit au public. Les artistes sont ici créateurs d’espace partagé ; leur proposition ouvre et augmente l’espace public tout en élargissant le champ de légitimité sociale de l’art lui-même. Mieux encore, cet espace dont l’art entrouvre les grilles et qu’il désacralise pour en faire un espace commun, celui d’un récit (dont l’aventure est humaine) et d’un spectacle en trois actes, nous est proposé comme une zone de gratuité et de convivialité dans l’espace public. Cette démarche qui renouvelle en profondeur le vieil idéal d’un art offert à tous, dans une logique de proximité et dans l’espace du quotidien, sans entrée payante ou intimidante, recouvre bien un enjeu politique.

Manoeuvres 1/3 opère un déplacement des modalités de l’art public qui implique un déplacement d’appréciation de l’art contemporain dans son entier. Aux œuvres choses de la tradition esthétique5, le projet proposé par Delphine Reist à son commanditaire substitue une œuvre processus, en l’occurrence éphémère, presque furtive, conçue comme une suite d’ « expériences artistiques inséparablement productrices et réceptrices des œuvres6 ». Ce projet postule, dans l’espace public, que la portée d’une œuvre ne tient pas à sa pérennité physique. Elle tient à sa capacité à croiser une situation pour y mener une expérience artistique d’une force et d’une justesse telles qu’elle s’impose comme un jalon pour l’imaginaire et l’intelligence de ses contemporains. La portée d’une telle œuvre est aussi inestimable que le devenir d’une rencontre.           JPG
                         

1 Selon l’expression d’Anastassia Makridou-Bretonneau.
2 Gros œuvre, maîtrise d’œuvre, ouvrage d’art, homme de l’art sont quelques
exemples de ce champ lexical et sémantique partagé.
3 En référence à l’article publié par André Rouillé sous le titre « Un art autrement », PARISart, n° 245, 20 juillet 2008.
4 Leur louable fonction de contact —  ce que la linguistique désigne comme fonction phatique — avec des publics nouveaux ayant surtout généré des formes péniblement emphatiques.
5 Les oeuvres produites par Reist & Faulon adoptent pour certaines un caractère d’objet, mais leur réalité est essentiellement mentale et elles fonctionnent, dans Manœuvres 1/3 comme les éléments constitutifs d’une expérience globale, dont la situation de mise en œuvre est déterminante.
6 André Rouillé, à qui j’emprunte également cette opposition entre œuvres-choses et œuvres-processus,
article cité.



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MANOEUVRES  1/3
une exposition d'un jour



Laurent Faulon
Delphine Reist
Demis Herenger
FM Einheit



Dimanche 9 mars 2008
de 12h00 à 18h00

concert de FM Einheit
organisé par la cave 12

chantier du collège Sismondi
30 avenue de France
1202 Genève

entrée libre


avec le soutien de la République et Canton de Genève


Manœuvres 1/3 est le premier volet de la commande publique que le Fonds cantonal d’art contemporain de Genève a passée à Delphine Reist pour le futur collège Sismondi. L’ensemble du projet Manœuvres se déroulera sur trois ans et comportera trois ouvertures publiques du bâtiment réalisé par le bureau Ballif-Loponte & associés, à différents stades de sa construction. Pour cette première édition, elle a demandé à Laurent Faulon (plasticien français) de concevoir avec elle une manifestation qui investit directement le site. Ils ont choisi d'ouvrir, pour la première fois le chantier au public, une fois le gros oeuvre terminé.
Delphine Reist et Laurent Faulon proposent donc un parcours permettant de visiter la totalité du site, dans lequel s'intègre un ensemble de leurs œuvres réagissant à l’univers de béton brut qu’offre le chantier à la fin du gros œuvre.
Cette exposition d’un jour est accompagnée d’un concert de FM Einheit (ex-Einstürzende Neubauten, groupe-phare de la musique industrielle allemande) organisé par la cave 12, association genevoise très impliquée dans la diffusion des musiques expérimentales.
Projeté dans un conteneur, un film de Demis Herenger forme le premier chapitre d’un plus long-métrage qui témoignera de l’ensemble de ces Manœuvres. Ce film constituera la seule oeuvre pérenne de cette commande publique.

12h00  -  18h00   Ouverture de l’exposition de Laurent Faulon et Delphine Reist.
14h00 et 15h00   Projection de manœuvres/recueil 1, un film de Demis Herenger.
16h00                 Concert de F.M. Einheit, entrée libre

Chantier du Collège Sismondi
30, avenue de  France
Ch-1202 Genève
Tram 13 et 15 ; arrêt Sismondi
Contact: delphinereist@bluewin.ch
Consultez le plan de Genève en lien en haut de la page.

remerciements:
école d'art de l'agglomération d'Annecy, Déconstructions autos-motos SA & a.p. auto-pneus SA (Peney), Atel Tb Romandie SA, Implenia SA, Rampini SA, le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Genève (Mamco).


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Ariane est en grève
(par Christian Bernard)

1. Depuis que l’art (ce qu’on appelle les arts plastiques ou visuels : peinture, sculpture, etc.) est devenu moderne (disons depuis la Renaissance), il a tendu à se dissocier de l’architecture, à s’en détacher au point de faire le plus souvent chambre à part. C’est un lieu commun de rappeler qu’ils n’ont plus de lieu commun.
2. Cette scission n’a pas été sans conséquences. Notamment économiques. Les artistes y ont perdu un revenu, certes ancillaire, quelque chose comme une rente de situation. Mais ils ne voulaient plus pourvoir au décor. La ruse de l’histoire, c’est qu’ils ont continué, sous le régime bien connu de la dénégation, en modifiant les formes de leur collaboration.
3. Les périodes de crise et de progrès ont parfois vu les pouvoirs publics instituer une sorte de taxe sur les constructions publiques (souvent de l’ordre du chiffre symbolique (et misérable) de 1 %), taxe destinée à aider financièrement les artistes en leur achetant des œuvres destinées à prendre place dans les bâtiments publics, ou bien en leur commandant des «interventions» intégrées à ces bâtiments, en liaison plus ou moins étroite avec les architectes. Il en résulte fatalement un type de production artistique assez marginal dans l’histoire de l’art.
4. Delphine Reist n’est pas une artiste docile. Elle a souhaité bénéficier de cette procédure de commande publique mais en obtenant d’en déplacer les usages. Pour les nouveaux bâtiments du collège Sismondi, elle n’a donc proposé ni œuvre mobilière ni application immobilière. Son travail d’artiste consistera en trois occupations temporaires du chantier, à trois moments clés de son développement, étalées sur une période de trois ans. Un travail dans les espaces en construction et dans le temps de cette construction. Une activité éphémère, réversible, dont ne témoignera, à terme, que sa documentation (un film), versée au centre du même nom. Pas de fétiche encombrant mais pas d’amnésie non plus.
5. Delphine Reist travaille souvent selon une logique de squatter nomade. Elle s’intéresse aux rapports de force, mais elle évite les affrontements dissymétriques. Ses occupations temporaires seront l’occasion de réaliser des sortes d’expositions dans le collège en chantier. Donc d’y inviter des visiteurs en dehors des heures de travail. On connaissait les peintres du dimanche : Delphine Reist se fait ici artiste du week-end. Mais, dans l’espace brièvement libéré par les travailleurs, dans le court temps du temps libre, l’artiste ne va pas montrer que son propre travail. Elle convie un autre artiste, Laurent Faulon, mais aussi un vidéaste, Demis Herenger, ainsi qu’un musicien, FM Einheit. L’occupation est collective. Elle est aussi festive : un repas sera à chaque fois offert aux invités. On voit que la commande publique mène à tout, à condition d’en sortir.
6. Delphine Reist nomme Manœuvres ces interventions éphémères. Dans un chantier opèrent évidemment des manœuvres. Et les artistes connaissent souvent des conditions économiques proches de celles de ces travailleurs manuels. Le mot désigne également des exercices militaires ou, plus banalement, des actions. Étymologiquement, il signifie corvée. S’il est une activité qui n’est pas associée à celle de corvée, c’est bien l’activité artistique. Heureuse représentation…
7. Delphine Reist et ses invités manœuvrent donc dans les beaux locaux bruts du collège en construction : installations, projections, documentation, restauration. Ici, un tonneau métallique blanc roule lentement sur le béton, heurtant les limites du périmètre et repartant toujours dans une autre direction, aussi vaine que la précédente. C’est une sculpture mobile qui tourne sur elle-même, une machine célibataire, obstinée et inepte. Un peu dangereuse peut-être. Moins, en tout cas, que l’unité de compte de l’or noir. Là, des tables de jardin, rondes, en plastique blanc, sont disposées, sans chaises, dans le vaste espace d’un futur gymnase. Étrange disproportion de ce volume par rapport aux tables désertées. Dans la salle attenante, une vidéo les montre, moins écartées les unes des autres, quelques bouteilles de bière abandonnées dessus. Laurent Faulon entre en scène, se déshabille entièrement, chausse des baskets rouges et monte sur une des tables. Puis il passe de l’une à l’autre, enjambant le vide, en équilibre toujours plus précaire, souple et maladroit à la fois, performer grotesque, autiste, inquiétant. Les bouteilles glissent et roulent par terre comme le baril : dérisoire Garden Party. Voilà pour donner une idée de l’ambiance. Le reste est à découvrir aux détours du labyrinthe (attention, Ariane est en grève).

Manoeuvres – Kleinere Eingriffe in grössere Zusammenhänge
(Marion Ronca für Kunst Bulletin, mars 2008)

Baustellen werden gerne als die Stiefkinder der Architektur gehandelt, als notwendiges, lautes und unordentliches Übel. Delphine Reist sah das anders, als sie 2004 vom Fonds cantonal d’art contemporain in Genf eingeladen wurde, ein Kunst am Bau Projekt für die Erweiterung des College Sismondi einzureichen. Sie schlug an Stelle eines baulichen Fussabdrucks vergängliche, künstlerische Interventionen in der laufenden Baustelle vor. Am kommenden 9. März wird die damals geplante, öffentliche Begehung des allmählich Form annehmenden und doch ruinenhaft anmutenden Bauskeletts endlich stattfinden. Nebst Delphine Reist wird auch der Künstler Laurent Faulon in der Baustelle intervenieren. Beide sind Experten der  subtilen Eingriffe und Objektplatzierungen und betrachten öffentliche oder gewerbliche Räume nicht nur als inhaltliche Klammern ihrer Arbeiten sondern als unabdingliche Voraussetzung für die Schaffung von Raumbildern. Entsprechend planen Reist und Faulon den fragilen Schwebezustand des rohen Baustelleraums mit kleinen Eingriffen zu katalysieren und für die Dauer von ein paar Stunden in einen Ort der unerforschten Zusammenhänge zu verwandeln. Als weiterer geladener Künstler wird der Musiker FM Einheit von den Einstürzenden Neubauten die Baustelle akustisch bespielen und hoffentlich nur im übertragenen Sinne seinem Bandnamen alle Ehre machen.

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Laurent Faulon
et Delphine Reist développent chacun de leur côté, depuis plus de quinze ans, un travail artistique autonome et depuis une dizaine d’années, collaborent à la conception de projets de résidences et d’expositions collectives. Bien que leurs préoccupations artistiques, les esthétiques qui les supportent et les œuvres qui en résultent soient strictement individuelles, leurs démarches se rejoignent dans la façon dont ils appréhendent les espaces et les contextes de travail qu'ils rencontrent. Ils conçoivent des installations ou des interventions in situ rentrant en résonance avec les caractéristiques esthétiques et sociales de l’endroit qui les reçoit. L’analyse des spécificités d’un lieu constitue le point de départ de leur démarche.

Résidences et expositions conçues et organisées par Laurent Faulon et Delphine Reist (depuis 2001)
Back to Wild Life, HAP, Stockholm (Suède).
Made In, Ox Warehouse, Macao (Chine).
POS - occupation des sols, entrepôts Bellevue, Saint Etienne (F).
Kronstadt Forever, Centre National d'Art Contemporain, Kronstadt (Russie).
Kartira 107, Saint Pétersbourg (Russie).
Etat des lieux avant restitution, les Subsistances, Lyon (F).
Deutsch Französische Freundschaft, Stuttgart (D).
Four songs for Siivi, usine Kalinine, Tallinn (Estonie).
Tercenas, occupation évolutive 1,2,3, Lisbonne (Portugal).

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Gateaux
2008

patisseries, fers à béton.































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Garden Party
installation, 2008

7 tables de jardin
en plastique blanc.
























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Garden Party
vidéo, 2008































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Front de mer
installation, 2008

composition sonore
pour 5 machines
à laver.





















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Masse critique
vidéo, 2008

Un carton est rempli
d'eau jusqu'à éclatement.























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sans titre
installation, 2008

Guirlandes électriques
rouges disposées
dans l'eau.

























Du travail

Comme toute commande publique s’intégrant dans une architecture, le projet Manœuvres se construit dans les relations qui s’établissent entre différents interlocuteurs remplissant des fonctions sociales précises : l’architecte élabore, le maçon maçonne, le contremaître contrôle, le commanditaire finance, l’électricien électrise, les artistes créent, la commission mandate …, et le public apprécie. Ces fonctions sociales, préexistantes au projet, légitiment logiquement la parole et le rôle de chacun et permettent une élaboration commune, en définissant précisément les champs de compétences et de responsabilités des uns et des autres.

Manœuvres ne déroge en rien à cette règle, le charpentier charpente effectivement et le public continue d'appécier..., mais Manœuvres crée aussi les conditions d’un léger déplacement du rôle de ses protagonistes.

En premier lieu, si le chantier reste motivé par le futur collège Sismondi qui en émergera, il constitue également une réalité esthétique à part entière, dont les propriétés plastiques peuvent être exploitées pour ce qu’elles sont et non plus seulement appréciées pour ce qu’elles deviendront. Un site cumulant des tonnes de béton armé sur plus de 6000 m 2 devient, ce 9 mars, une architecture éphémère et pourtant définitive dans la mesure où elle cesse d’être en devenir pour s’offrir, en l’état, à l’usage public.

Ces premières modifications des fonctions sociales du chantier et du bâtiment en entraînent d’autres, dans un simple rapport de cause à effet : Les architectes deviennent les signataires d’une architecture éphémère dont l’esthétique et l’usage leur échappent momentanément. L’ouvrier spécialisé devient amateur d’art sur son lieu de travail. Le collégien devient le visiteur d’un hypothétique musée. L’artiste mandatée joue le rôle de curatrice en partageant son mandat avec d’autres artistes. Les œuvres issues de cette commande publique ne sont plus destinées aux seuls usagers du futur bâtiment mais à un public plus large ayant choisi d’assister à cette manifestation. Le commanditaire d’une œuvre devient le producteur d’un événement. Par les outils sonores qu’il manipule, le musicien, hors d’une salle de concert, substitue ses gestes à ceux des ouvriers qui l’ont précédé…

Gageons que ces permutations permettront une lecture singulière des œuvres présentées. Chacun se trouve à sa place, mais aussi sur la chaise d’à côté, dans le costume de l’autre.

C’est une réponse singulière dans un contexte particulier. En la systématisant au-delà du temps précis de ce chantier, chacun retrouverait rapidement sa place, en annulant ces légers déplacements qui motivent justement mon travail.

Laurent Faulon
Février 2008
Laurent Faulon
Né en 1969
Vit et travaille à Grenoble et Genève
Enseigne à l'école des Beaux Arts d'Annecy

Expositions personnelles (sélection 1988-2006)
chapelle ardente, Musée d'Art Moderne et Contemporain, le Mamco, Genève (CH).
Liquidation Totale, 100 % et Paysage de fantaisie 2, la Nouvelle Galerie, Grenoble (F).
O poço da morte, la Salle de Bains, Lyon (F).
Liquidation, Les Abattoirs, Riom (F).
SVP – MERCI, galerie Stargazer, Genève (CH).
Sur le lit des parents, le 102, Grenoble (F).

Paysage de fantaisie, le Faubourg, Strasbourg (F).
Ateliers en liberté, Fondation Cartier pour l'art contemporain, Jouy-en-Josas (F).

Expositions collectives(sélection 1992-2007)
Kit o part, Centre d’Art de Neuchâtel, CAN, Neuchâtel. (CH)
Pâté de campagne, Moly Sabata, exposition conçue par Christian Bernard, Fondation Albert Gleize, Sablons, (F).
Parasitages, interventions dans l’espace public, galerie Piano Nobile, Genève (CH).
Mise en pièces, galerie Eric Fabre, galerie de Paris, Paris (F).
Volubilis, ou silence autour des jardins ouvriers, jardins Volpette, Saint-Etienne (F).
Vidéochroniques, la Friche Belle de Mai, Marseille.(F)
Dossier de presse n° 1, galerie Eric Fabre, galerie de Paris, Paris (F).
The Fall of Man, galerie Three rooms and a Kitchen, Pori, (Finlande).
Aperto, previously unreleased, biennale de Venise hors les murs, APAC, Nevers (F).
Comment raser un donjon qui dérange ?, association A l’écart, Montreuil (F).
French Kiss, exposition conçue par Eric Troncy, Halle Sud, Genève (CH).
Atelier 92, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, ARC, Paris (F).

laurent-faulon.over-blog.com
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Fleur de lait
2006

Des pompes actionnée
par des perceuses
font circuler par les
tuyaux transparents,
du lait contenu dans
les pots de peinture.

























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Parade
2007

Des bottes en
caoutchouc frappent
le sol et l'eau grâce à
des électro-aimants.





















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Outils
2005

Des outils se mettent
successivement en
route une fraction de
seconde, selon un
rythme saccadé.



















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Peinture
2007

Des pompes
transforment des
pots de peinture en
fontaines.





















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Baril
2002

Un baril tourne
sur lui même et
trace des trajectoires
dans l'espace
.
Quand il rencontre
un obstacle, il repart, dans la direction
opposée.















n-ongood.jpg
Averse
vidéo, 2008

Les néons d'une pièce
du chantier tombent les
uns après les autres
et se brissent sur le sol.


«Il y a dans tous ses travaux, l'utilisation de matériaux trouvés, disponibles, voire gratuits, mais également une sophistication technique qui va jusqu'à permettre à ce matériel d'exprimer sa fonction en éliminant l'élément humain que représente son utilisateur. On roule des bidons pour les déplacer, ici, le bidon roule tout seul. On fait démarrer des voitures, là, elles démarrent par elles-mêmes. On n’a plus besoin de pousser les caddies, finalement on a qu'à les regarder bouger.
Par rapport aux happenings, ces installations en mouvement ont un avantage, c'est qu'elles n'ont pas vraiment besoin de spectateurs, ce qui leur donne une qualité fatale qui est celle de l'art. Le regardeur devient dans ces circonstances ce qu'il est vraiment : un voyeur. C'est là une façon de le mettre à sa juste place. Un dénominateur commun à ces travaux c'est, d'une certaine manière, le respect des matériaux, enfin plutôt un respect pour leur usage (…). De même que l'utilisation de matériel trouvé est une position certainement démocratique, ce respect de l'usage des objets semble être une attitude éminemment politique.»   
                      Olivier Mosset

Delphine Reist
Née en 1970
Vit et travaille à Genève
Enseigne à l’école des Beaux arts de Lyon.

Expositions personnelles (sélection 2000-2007)
La Salle de Bain, Lyon (F).
Rocaille, Dépôt Art Contemporain, Sion (CH).
Vidange, Bellevue Entrepôts, Saint-Étienne (F).
Résonnance, Biennale de Lyon, MAC, Pérouges (F).
Zoo , Nouvelle Galerie, Grenoble (F).
Résolutions, Galerie Mire, Genève (CH).

Expositions collectives
(sélection 2001-2007)
La crise du logement, galerie Fiat, Paris (F).
The freak show, Musée d'Art Contemporain, Lyon (F).
Les dessous chics, Trames ass., Galerie Arkos, Clermont Ferrand (F).
La visite, Fondation Zervos, Vézelay (F).
Kit o’part, CAN, Neuchâtel (CH).
Vin, galerie N&M, Berlin (D).
Out vidéo, Centre d’art contemporain, Ekaterinbourg (Ru).
Bourses Berthoud, Centre d’art Contemporain, Genève (CH).
Paté de campagne, (commissaire Ch. Bernard), Moly-Sabata, Sablons (F).
Bricolages, (commissaire Attitudes), Kunstmuseum des Kantons (CH).
Talgo, Nouvelle Galerie, Grenoble (F).
Nouveaux instruments de mesure, La BF15, Lyon (F).



 

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En parallèle, le film des chantiers…

 


Il s’agit  de réaliser  un film avec le chantier et avec les œuvres ; de sorte que les deux mémoires cohabitent au sein du même objet et se questionnent l'une l'autre.

Le montage ne respecte à-priori pas l’ordre chronologique du tournage. Le film des Manoeuvres ne va pas tout droit vers l'achèvement de la construction. Ce qui se construit c'est un collège mais aussi autre chose... Il y a une construction qui a lieu en même temps que celle qui est visible mais dans une autre dimension. Chaque activité est close sur elle même, au début, ou à la fin des travaux, et ce n’est pas à partir du film que nous pouvons retracer dans l’ordre, l’aventure de la construction finale. Peut-être nous faisons-nous en revanche, une imagination de construction , fort de toutes les virtualités engagées par la représentation des activités exercées. L’enjeu de ce film réside dans le fait que le chantier soit montré comme le lieu où se déploient les possibles.

Demis Herenger

Extrait recueil1:


Notes recueil 1




Demis Herenger
misdemis@gmail.com
Vit et travaille à Grenoble.
Intervenant aux écoles des Beaux Arts de Grenoble et d'Annecy.
Responsable du canal vidéo interne des établissements pénitentiaires Rhône-Alpes (F).

Expositions (sélection 2006-2007)
Las Vegas 2, vidéo et installation sonore avec Manu Holterbach au festival L'art des corps, Lagorce (F).
La grande menace, vidéo, La générale des arts, Paris (F).
D/K, vidéo, exposition Bêtes et Hommes, grande halle de la Villette, Paris (F).
Las Vegas 1 (avec Esteban Algora) et Notes, Casa Velazquez, Madrid.


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FM Einheit est un des pionniers de la musique industrielle. Dès la fin des années 70, au sein du groupe Einstürzende Neubauten, sa démarche allia l’énergie et l’urgence du mouvement punk aux expérimentations issues de la musique concrète et bruitiste. Ses premiers concerts, très proches de la performance, ont suscité l’intérêt du milieu artistique avant d’atteindre celui du rock. Ces prestations impressionnantes mêlent la précision de l’écoute à l’énergie performative, alternant d’infimes événements sonores à des déchaînements percussifs ravageurs. En bientôt trente ans de carrière, FM Einheit a joué de la perceuse, du parpaing, de la brique, du microphone, du marteau piqueur, de la disqueuse, du tourne-disque, du ressort métallique, et du sable à la pelle… Depuis quelques années, séparé d’Einstürzende Neubauten, il tisse des collaborations épisodiques avec différents musiciens de la scène improvisée internationale. Pour Manœuvres 1/3 il se produira en solo en réagissant au contexte particulier du chantier du futur collège Sismondi.

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L'association cave12 existe depuis janvier 2001 et a pour but de diffuser et de faire connaître des musiques peu représentées, dites expérimentales, tout genre confondu: électrique, acoustique, improvisée, composée, électronique, etc... dont le point commun est la recherche dans le domaine musical d’aujourd’hui.




Elle est l’une des rares structures en Suisse à promouvoir de manière régulière ce type de travail et a depuis sa création, acquis une renommée internationale inébranlable. Elle est devenue, de part son sérieux, sa pertinence, son exigence et son intransigeance, l’interlocuteur privilégié en Suisse pour la promotion de toutes les musiques dites expérimentales et sa programmation est considérée, dans le genre, comme l’une des plus passionnantes et abouties au monde.



Au vue du succès auprès d’un public demandeur et grandissant sans cesse et des sollicitations continuelles de musiciens et projets désireux de se produire à la cave 12, l’association maintient une programmation compacte et diversifiée au rythme de 5 à 6 concerts par mois.



Des enregistrements-concerts sont régulièrement publiés sur cd, sur des labels étrangers à diffusion internationale. En 2007, sur Emanem (Uk) et Rune Gramofon (Norvège), mais depuis cette année la cave 12 à crée son propre label, deux nouvelles sorties sont agendées et le premier album de Darling (CH) vient de sortir.



La cave 12 organise actuellement des concerts dans divers lieux culturels genevois - l’AMR, le Spoutnik, Roaratorio, le Centre d'Art Contemporain, le Festival Archipel, le CIP, L’ESBA, L’Usine (Kab, PTR et Zoo), Elefanten-Mixtur, Duplex, L’AMEG, la Fête de la Musique, l’Arsenic, le CIP, L’écurie-îlot 13, le Galpon-Artamis – car depuis fin Juillet 2007 la Cave 12 n'a plus de toit. Les habitants du squat Rhino qui l’abritait, et ceux de la Tour ont été évacués. D’autres lieux ont subi depuis le même sort et d’autres suivront. 100 personnes sont à la rue; trois salles de concerts, une bibliothèque, un restaurant alternatif accueillant débats et réunions ainsi qu’une crèche ont disparu en l'espace de dix jours.



Malgré ce climat, la cave 12 continue sa programmation…
La menace n’en est plus à peser, elle est entrée en action. Toute culture indépendante sera peut-être bientôt éradiquée de la ville de Genève, alors qu’elle constitue une richesse rare et qu’un public nombreux s’en nourrit.


Pour plus d’informations et pour soutenir ces activités menacées, vous pouvez vous connecter sur :

www.cave12.org





Légendes des photos (de haut en bas):
Aki Onda & Alan Licht, Otomo Yoshihide, Jérôme Noetinger, Perlonex
 
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